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Quand les rhumatismes frappent les plus jeunes

  • MEDIATORECONDOMINIALE
  • May 17, 2020
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Des articulations gonflées, des boiteries… certains enfants sont frappés de rhumatismes très douloureux. Face à ces terribles injustices, les pédiatres rhumatologues se mobilisent. Le Pr. Isabelle Koné-Paut nous en dit plus sur ces arthrites juvéniles.

Les rhumatismes inflammatoires de l’enfant sont également appelés Arthrite Juvénile Idiopathique polyarticulaire (AJI). Comme le signifie le terme “idiopathique“, la cause de l’inflammation des articulations reste encore méconnue. “L’AJI survient de façon inopinée, mais elle pourrait être parfois déclenchée par plusieurs facteurs environnementaux (agents infectieux par exemple) agissant sur un terrain génétique particulier“ nous précise le Pr. Isabelle Koné-Paut, pédiatre rhumatologue au Kremlin-Bicêtre et présidente de la Société francophone pour la rhumatologie et les maladies inflammatoires en pédiatrie (SOFREMIP). Loin d’être des maladies rares, ces rhumatismes touchent 2 à 3 enfants sur 10 000 avant 16 ans. On compterait ainsi 3 000 à 5 000 enfants atteints en France.
Les principaux rhumatismes de l’enfant
Arthrite Juvénile Idiopathique polyarticulaire… Derrière cette terminologie barbare pour le novice se cache un groupe de maladies ayant toutes en commun l’atteinte d’au moins une articulation pendant plus de 6 semaines. On distingue ainsi :1 – L’arthrite systémique ou maladie de Still (10 % des AJI). Touchant indifféremment filles et garçons, elle survient à tout âge mais frappe le plus souvent entre 2 et 4 ans. Une altération de l’état de santé général avec une fièvre importante et persistante, des éruptions cutanées et des douleurs diffuses… accompagnent des arthrites présentes dès le début de la maladie chez 3 enfants sur 4. “Le pronostic est sérieux, car dans la moitié des cas, cette maladie évolue vers une polyarthrite destructrice sévère très difficile à traiter“ nous précise le Pr. Koné-Paut.2 – Les oligoarthrites (45 % des AJI) touchent surtout les filles avant 4 ans. Moins de cinq articulations sont touchées au début, les atteintes sont habituellement asymétriques et portent sur les genoux et les chevilles. “Le motif de consultation est souvent la boiterie de l’enfant. Ces formes s’accompagnent fréquemment de complications oculaires qui évoluent insidieusement et peuvent entraîner une baisse de l’acuité visuelle, d’où la nécessité d’un diagnostic précoce“ déclare le Pr. Koné-Paut. Même si la maladie n’évolue plus, le risque oculaire reste important pendant les deux premières années et impose un suivi ophtalmologique régulier avec la réalisation d’un fond d’oeil. Dans 50 % des cas les arthrites s’étendent dans les cinq ans à plus de quatre articulations, on parle alors de polyarthrites.3 – Les polyarthrites (20 % des AJI) atteignent plutôt les filles, après l’âge de 8 ans. Touchant d’emblée plus de quatre articulations, elles causent d’importantes douleurs, même en l’absence de gonflement visible au début. La fièvre et l’amaigrissement sont parfois présents au début. “Il en existe plusieurs formes. Une particulière, est caractérisée par la présence de facteur rhumatoïde (un anticorps particulier recherché dans le sérum). Elle est rare (3 % de l’ensemble des AJI) plus grave, et constitue la forme pédiatrique de la polyarthrite rhumatoïde de l’adulte. Son évolution est marquée par un haut risque de destructions articulaires“ nous confie le Pr. Koné-Paut.4 – L’arthrite psoriasique (3 à 5 % du total). En plus de l’arthrite, cette maladie se caractérise par une atteinte cutanée (psoriasis), ou à défaut au moins deux des signes suivants : inflammation des doigts (dactylite), anomalie des ongles, antécédent familial de psoriasis.5 – Les spondyloarthropathies (20 % du total) touchent surtout les garçons (dans 70 % des cas) de plus de 6 ans. Au début, les arthrites touchent les membres inférieurs (genoux et pieds). L’atteinte du rachis est inconstante et différée. Les formes familiales ne sont pas rares. La progression de la maladie se fait le plus souvent par poussées, seuls 20 % des enfants évoluent de façon progressive.
Un combat quotidien
Loin d’être anodines, ces maladies handicapent largement la qualité de vie de l’enfant, en particulier les formes généralisées persistantes et les formes polyarticulaires. Douleur, raideur des articulations, limitation des mouvements… transforment en combat quotidien ce qui ne devrait être qu’insouciance. “Les formes les plus graves peuvent avoir des conséquences sur la croissance et la résistance osseuse (ostéoporose secondaire). Du fait de la complexité de ces affections, la prise en charge se fait dans des consultations spécialisées où les rhumatopédiatres en collaboration avec les kinésithérapeutes, les orthopédistes infantiles, les psychologues et l’ensemble de l’équipe soignante assurent une prise en charge globale de l’enfant“ ajoute le Pr. Koné-Paut.
Encore faut-il que le diagnostic soit rapidement posé… Encore trop souvent, des enfants attendent plusieurs mois, voire plusieurs années avant de rencontrer le bon spécialiste. Face à ces douleurs, le Pr. Koné-Paut s’avoue touchée par ses petits patients qui “malgré leurs difficultés, sont en général très accrochés à leurs études, très matures, très volontaires pour réussir aussi bien que les autres“. Dans la limite de leurs possibilités, ils peuvent aussi faire du sport, en évitant les plus violents et en optant plutôt pour des activités peu traumatisantes (natation, danse…). Dans ce domaine, l’association de parents Kourir est d’un grand secours.
Mieux traiter, mieux suivre
Jusqu’à présent, les médicaments utilisés étaient essentiellement les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), les corticoïdes et les traitements locaux quand peu d’articulations étaient touchées. Le méthotrexate est le premier traitement de fond des formes sévères. Depuis récemment, si ce traitement est inefficace ou mal supporté, il est possible d’utiliser un anti-TNF alpha. L’étanercept (Enbrel®) est actuellement le seul indiqué dans ces pathologies. Les biothérapies ouvrent une nouvelle voie dans le traitement de certaines arthrites juvéniles idiopathiques. Ils agissent d’une manière très ciblée sur certaines molécules du système immunitaire.
Mais la moitié de ces enfants va voir sa maladie perdurer à l’âge adulte, et des formes encore évolutives dont 15 à 20 % avec des problèmes importants. “Le passage du rhumatopédiatre au rhumatologue adulte est donc une étape importante au cours de laquelle le patient va devoir apprendre à gérer lui-même sa maladie, et envisager son insertion socio-professionnelle. Ce passage est crucial“ conclut le Pr. Koné-Paut
David Bême


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